Des chevaux et des Yourtes

Jeudi 8 Septembre: 28 252 km

Aujourd’hui Gustave a 9 ans! Petit câlin matinal, c’est son jour.

Perdu dans la steppe, nous démarrons la journée en accueillant des visiteurs de passage, il fait froid, le ciel est azur, il y a du vent, alors on entre quand on trouve un endroit avec un peu d’hospitalité et de chaleur. Le visiteur s’installe , il boit ce qu’on lui propose et repart.

La porte d'une yourte est toujours ouverte pour les gens de passage

Les températures descendent, et c'est beau !

Lorsque les mongols se déplacent en moto, à cheval, en transhumance, cela se passe comme cela et l’on peut facilement comprendre…il fait froid, le climat est rude et l’on ne s’attarde pas lorsqu’un endroit hospitalier se pointe à l’horizon, on rentre sans frapper, ce qui surprend au début.

Avant Arvaikheer, un temple dédié au cheval

Nous nous dirigeons vers Arvaikheer, ville de 23 000 habitants, nous allons trouver du pain, des oeufs, des vivres quoi…le régime pâtes, riz, sauce tomate, nous convient, mais un peu de variété serait bienvenue. Nous commençons à vider les stocks, l’huile d’olive, le pesto, la moutarde…que l’on trouve d’ailleurs dans les supermarchés sont très chers. Au quotidien, il est plus économique de manger dans les cantines (dzoog) locales qui servent un plat ou menu pour 2500 togrits que de cuisiner à l’occidentale avec légumes achetés sur le marché, alors nous alternons…Pour son anniversaire, Gus a décidé de son menu: gratin de crozets et fondant au chocolat. Il nous faut atteindre la ville avant ce soir pour les courses.

Nous arpentons le marché local, toujours dans des containers qui sont ouverts et refermés chaque jour, c’est un parcours amusant que nous avons plaisir à renouveler.

C’est au marché d’Arvaïkheer que nous ferons confectionner sur mesure les fameuses Dell (manteau en soie, velours ou lainage). Il suffit de choisir son tissu et 24 heures plus tard le manteau est confectionné. Les tissus sont superbes et les Mongols portent volontiers ces manteaux qui protègent du froid. Les femmes les portent avec une ceinture au niveau du nombril, les hommes au niveau des hanches, c’est l’habit populaire traditionnel par excellence. Même à cheval, le mongol porte la deel. Nous trouverons aussi sur le marché les bottes mongoles, la famille s’équipe à l’exception de Serge qui ne trouve pas sa pointure! Il faudra du sur-mesure. Nous sommes équipés pour l’hiver Mongol…

Le marché, jusqu'au dernier moment ...

Nous fêtons l’anniversaire de Gus dans le camion, crozets et fondant chocolat comme prévu, c’est la fête, bougies et cadeaux…en Mongolie on trouve des cadeaux…c’était la grande inquiétude de notre Gus, du coup Josephine est rassurée car nous fêterons son anniversaire dans 7 jours.

Gustave a 9 ans

Vendredi 9 Septembre: 28316 km

RAS, journée ordinaire et tranquille, connexion internet, mis à jour du blog, nous sortons de la ville pour le bivouac du soir.

Samedi 10 Septembre: 28316 km

Avant de quitter Arvaîkheer, nous faisons le plein d’essence et d’eau, l’eau c’est toujours compliqué et 600 litres c’est beaucoup, nous trouvons parfois dans les faubourgs des villes une maisonnette de bois tenue par quelqu’un qui distribue l’eau en échange de quelques togrots .Les gens viennent avec leur bidons, à pied, moto, ou voiture pour s’ approvisionner, on fait la queue, c’est souvent très long, c’est le prix à payer pour avoir de l’eau: l’eau ici n’est pas courante… nos enfants commencent à comprendre la chance que nous avons, ouvrir un robinet et l’eau coule.

Nous rencontrons des participants du « Mongol rallye 2011″avec lequel nous échangeons, ce sont des jeunes de toutes nationalités (essentiellement des pays nordique européen, Norvégien, Anglais, Néerlandais…qui doivent relier leur capitale de départ à Oulan Bator, le but c’est d’y arriver, peu importe la durée, c’est difficile et tout ceux que nous avons croisé en bavent, nombreux sont ceux qui abandonnent leur voiture en cours de route, car bien souvent ce sont des voitures déjà bien amorties qu’ils sont sensés laisser à UB pour des actions humanitaires. Leur retour se fait par avion.

Nous continuons notre piste, direction Shank à la recherche d’un très vieux temple bouddhiste, bivouac en route dans une large vallée splendide, nous sommes escortés par une voiture mongole avec trois jeunes garçons à l’intérieur qui très gentiment nous proposent de boire un coup avec eux! Nous acceptons, seulement 2 sortiront de la voiture, le 3 éme cuve encore sur la banquette arrière, nous buvons un verre de sangria avec eux, puis ils reprennent leur route.

L'accueil, le contact, la rencontre, des mots vrais en Mongolie

Dimanche 11 Septembre: 28390 km

Grasse matinée, très calme que c’est bon, le soleil est revenu, nous petit déjeunons dehors et profitons du soleil, les enfants jouent ensemble, c’est le bonheur, nous n’arrivons pas à décoller, il nous faut pourtant reprendre la piste…nous sommes attendus en fin de journée à Karakorum pour l’organisation de notre rando à cheval.

Sur le chemin, visite du temple bouddhiste a Shank.

Un temple du sanctuaire de Shank

A la sortie du temple Serge se fait manipuler par un charlatan mongol exerçant un peu façon médecine chinoise avec manipulations, prise des différents pouls… C’est parait il très agréable, il n’est pas coincé…

Médecine Chinoise ??? on ne sera jamais, mais efficace

Route vers Karakorum et premier contact avec Xavier de Horsetrails pour l’organisation de notre randonnée et contact dès notre arrivée avec une famille française Sandrine et Philippe avec 4 enfants (Cédric 12 ans, Margaux 11, Lena 8 ans et Nicolas 5 ans) qui voyagent en vélo (www.allonsvoirsilaterreestronde.com) pour une année autour du monde. Nous sommes en admiration, quel courage, quelle légèreté … notre bon 4zi2 fait figure de lutteur sumo. Ils roulent avec  2 vélos tandem (couché à l’avant pour les 2 petits) + 2 vélos classiques pour les 2 plus grands enfants avec une multitude de sacoches. Un beau chargement, un bel équipement, une belle famille et beaucoup de joie. Nous passons une très bonne soirée tous ensemble, 8 enfants cela remue. Les échanges sont immédiats et intéressants, beau projet, ils reçoivent toute notre admiration…Bravo. C’est la troisième famille française de voyageurs autour du monde avec 4 enfants que nous croisons en Mongolie.

Photo de groupe, Allonsvoirsilaterreestronde ?

Lundi 12 Septembre (stationnaire jusqu’à samedi 17 Mohrin Jim café), Rando Horsetrails

Départ début en d’après midi pour la rando à cheval, nous avons 6 chevaux plus un cheval de bât pour nos bagages et un guide, Azza, jeune mongol de 22 ans. Nous démarrons la randonnée au camp où les chevaux ont été descendus de la montagne, nous assistons et participons au remontage de la  yourte de la famille d’Azza, la famille s’installe pour le camp d’hiver à proximité des bêtes.

Tout d’abord défrichage, car les herbes ont poussées, orties gigantesques qui piquent très fort et cannabis à volonté à l’état sauvage, puis nivellement du terrain pour le sol. Les 5 murs composants le cercle et la porte sont montés en premier. Assemblés entre eux  à l’aide de corde, ils forment le cercle . Les murs, des treillis de bois se plient et déplient, articulés par des petites lanières de cuir. Ensuite vient le montage du « tonoo » anneau central et des poteaux, ainsi que des perches allant du tonoo aux murs.

Assemblage de la structure, je deviendrai expert plus tard avec le montage et démontage de 10 Yourtes !

Pose des feutres, protégés par un patchwork de recup !

La pose des différentes couches selon les saisons, toiles et feutres… L’art de la récup est d’actualité, les vieux vêtements usés et rapiécés maintes fois ne sont surtout pas jetés, mais recyclés et cousus sur les feutres des yourtes. C’est un patchwork vintage absolument remarquable, les marques branchées peuvent s’en inspirer!!!

Mise en place des toiles extérieures

Puis nous partons tous à cheval, avec Azza, dans la montagne. Le soir tombe, il commence à faire frais et le ciel se couvre. Nous passons un col et redescendons dans une vallée où nous apercevons 2 yourtes: la famille qui nous accueille. Dans la descente il commence à pleuvoir, et nous avons juste le temps d’arriver au camp pour nous mettre à l’abri: un déluge d’eau. Sous la yourte de la famille nous sommes bien au sec pour dîner et passer la soirée. Mais quand nous allons dans la deuxième yourte, montée pour nous, c’est la catastrophe. Légèrement en pente, et en position été, c’est a dire que le bas des feutres et toiles sont légèrement relevés, laissant passer l’air, l’eau a dégouliné à l’intérieur mouillant nos places pour dormir, de plus la température a terriblement baissée puisqu’il neige dans la nuit.

Nous testons la  » yourte éponge », avons dormi sur le sol, sans tapis, dans nos duvets « de touriste »sur les feutres de la yourte imbibés d’eau, l’horreur…d’ou la yourte éponge

Mardi 13 Septembre, Dans la montagne au dessus de Karakorin, -2°C

Réveil en douleur, après une nuit glaciale et mouillée. Caroline et Adèle ont eu froid une bonne partie de la nuit, ont du changer de place 2 fois à cause de l’eau ruisselant sous la yourte. Avec Gustave, on allume le poêle rapidement et j’arrive à convaincre le grand père de passer la yourte en position hiver: bâche pare-boue au niveau du sol, plus creuser une petite rigole pour détourner l’eau de notre intérieur. C’est déjà mieux, mais il a tellement plu que les feutres de toit de la yourte sont imbibés d’eau. En plus, Caroline ne veut absolument pas repasser une nuit comme ça!

La yourte n'aime pas l'eau !

Donc nous passerons la journée avec la famille, puis le soir Xavier viendra en 4×4 nous chercher pour aller coucher au chaud dans 4zi2. Nous passons donc la journée avec notre grand père et notre grand mère sous la yourte à l’abri des intempéries: neige, froid et vent. Préparation des repas, traite des juments, jeu de cartes et d’osselets avec Azza qui s’occupe bien des enfants.

L'homme de la maison

Gustave est le préposé au bois: donnez lui un tas de bois et une hache, vous aurez un enfant heureux! Visite chez les voisins, on entre, on s’assoit, on vous tends de l’Airag, un sourire, quelques mots échangés, un peu de Vodka Mongole, distillée sous la yourte à base de lait fermenté, on repart. Pas un mot de trop, pas de superflu dans les échanges humains,… à part cul sec pour la vodka.

La première gorgée d'Airag surprend toujours le palais d'un occidental

Dure nuit certes, mais nous touchons du bout des doigts les conditions réelles de vie des Mongols en hiver : -20°C régulièrement et jusqu’à -40°C! Incroyable comme l’homme sait s’adapter, mais j’imagine mal qu’un changement aussi brutal soit possible pour une famille occidentale. Que de morts de froid, de faim, il y a du avoir, pendant des générations, pour créer cette culture, ces rites et méthodes de survie. Une différence notable: la force physique et la résistance au froid. On dit fort comme un Turc, on devrait dire fort comme un Mongol ( les Turcs sont un peuple originaire des steppes Mongoles!). Et il n’est pas rare de voir quelqu’un en teeshirt et sandale dehors par seulement quelques degrés.

Mercredi 14 Septembre

Après une douche bien chaude et une nuit réparatrice dans 4zi2, toujours garé devant le Morin Jim café de Tuya, le temps ne s’étant pas arrangé (froid, vent et neige), nous restons aujourd’hui tranquille. Au marché, nous passons commande de 3 dell sur mesure pour Josephine, Gustave et Papa. La dell est l’habit traditionnel Mongol qui est largement porté dans la steppe. Il se décline en plusieurs version, été, automne et hiver. Cette dernière est doublée à l’intérieur par la fourrure des jeunes agneaux ne survivant pas: souple et très très chaude. Nous attaquons les révisions avec Gustave, et passons la journée à jouer, discuter avec Xavier et Tuya. Le temps se lève, le soleil apparait entre les nuages, la température est fraiche et le vent ne faiblit pas. L’après midi, nous partons à pied, bien couvert vers le temple Erden Zuu. Nous allons d’abord vers la tortue qui est derrière le temple, en limite des ruines de l’ancienne capitale de Chinggis Khan. Puis dans l’enceinte de Erden Zuu, dans le Lavrang, que nous n’avions pas eu l’opportunité de voir lors de notre premier passage. Nous poussons la porte et nous retrouvons bien au chaud dans un assemblée multicolore. Nous avons beaucoup de chance, car il n’y a pas souvent de cérémonie l’après midi. Nous assistons donc a une cérémonie pleine de couleurs, de chants, et de rituels. Tous les participants, se regroupent entre les rangées de moines et se passent une corde que tout le monde tient. Rituel avec de l’Airag, tout le monde en boit, y compris nous. Musiques, bruits, couleurs des dell, des habits des moines, des décors (les participants ont sorti leurs plus beaux vêtements), odeurs de l’encens, de l’Airag, sourire des regards rencontrés … Moment magique, ou même si on ne comprend pas, on ressent et on gagne en sérénité.

1000 prières à chaque tour

Jeudi 15 Septembre – l’anniversaire de Joséphine.

Le temps se met au beau, encore un peu de vent mais du soleil qui fait bien remonter les températures. Apres le déjeuner, Azza a ramené nos chevaux jusque devant le camion et nous partons en ballade pour l’après midi. Nous faisons le tour extérieur de la ville, allons jusqu’à la tortue située sur les hauteurs. C’est l’occasion pour tous de prendre confiance, de devenir autonome, trot et galop pour tous.

Tous à cheval !

Azza s’occupe bien de Josephine qui sur sa petite sucrette, sa jument, prend confiance et galope seule ! Déjà une bonne ballade puisque nous sommes resté 3 heures à cheval. Ce soir nous fêtons les 5 ans de notre petite cavalière. Elle ne quitte plus les genoux de notre guide. L’équipe de Tuya a préparé un bon gâteau que nous partageons tous ensemble. Au lit, demain grande journée, ce n’était qu’une répétition.

Joséphine a 5 ans

 Vendredi 16 Septembre, beau temps.

A 10 heures, nos chevaux sont là, on met les selles, et hop à cheval. Nous retournons dans la famille que nous avions quitté piteusement. Tout le monde est à l’aise et nous prenons beaucoup de plaisir à chevaucher ensemble pendant ces 2 heures.

Sous le soleil,

Galoper, aligné à six dans la steppe en famille avec Azza, ce sont des images et des souvenirs plein d’émotions. Des moments inoubliables. Accueil toujours aussi agréable dans la famille. Pendant la préparation du déjeuner, que les enfants trouvent un peu long, ils décident seuls de partir à cheval faire un tour! On laisse faire, ils s’entraident, et les voila tous les 4 qui partent au petit trop dans la vallée. J’en ai les larmes au yeux en l’écrivant. Quelle liberté nous est offerte, quel terrain de jeux et d’aventures: pas de barrière, pas de clôture, et une yourte est toujours prête à vous accueillir. Le repas prêt, je saute sur mon cheval et part au galop, ventre à terre, les chercher pour déjeuner.

Les chevaux devant la yourte, prêts

Partez. Quelle liberté

« Papa, qu’est ce qui se passe, pourquoi tu viens? »

« le déjeuner est prêt, vous n’avez pas faim »

« Si, si on arrive » et tout le monde part au galop à travers la vallée vers notre yourte.

Quel plaisir d’aller chercher ses enfants pour le déjeuner à cheval!

Au dessus de Karakorum

Avec notre hôtesse !

Après le déjeuner, nous partons pour un grand tour dans la montagne et les forêts, à cheval bien sûr. Superbe ballade sur les hauteurs, avec les couleurs d’automne dans les forets de mélèzes. Josephine épuisée s’endormira à cheval puis dans les bras d’Àzza. Nous rentrons à Karakorin à la tombée de la nuit, épuisés et glacés par cette grande ballade. Nous trouvons garé a coté de 4zi2 le camping car des « Toques » avec qui nous passerons la soirée au café. Journée inoubliable.

Joséphine et Sucrette

Samedi 17 Septembre 28470 km

Nous quittons Kharkorin sous le soleil, après des adieux douloureux surtout pour Josèphine, car nous avons fêté ses 5 ans au Mohrin Jim cafe avec Azza, notre guide de rando pendant ces 4 jours. C’était un rêve, et voir notre Jo galoper seule, le jour de son anniversaire,  dans la steppe sur son petit cheval baptisée Sucrette, c’est inénarrable… Le Teamboulot + Azza, à cheval dans la steppe, que de bonheur et d’émotions… nous avons vécu des moments magiques en famille. Chevauchée au grand galop à travers la steppe…c’est indescriptible.

Joséphine et Azza

Retour vers UB, rendez -vous avec Pol de retour de Chine, nous avons quelques formalités à accomplir. Nous arrivons de nuit à notre QG dans UB et retrouvons Pol et son Escarman, enchanté par son périple en Chine.

Dimanche 18 Septembre

Journée tranquille à UB, préparation de l’opération yourtes – container

Lundi 19 – Mardi 20 Septembre

Un nouveau run commence…celui d’un envoi de yourtes par container!!!

Quelle idée!!! Acheter des yourtes, c’est pas très compliqué, il suffit d’aller au marché noir et de négocier. Déjà nous nous heurtons au multiple choix de tailles, de qualités de bois, de qualité de feutres, de toiles imperméables (rappelons nous que nous avons testé la yourte éponge lors de notre rando à cheval). Pol et Serge mettent en route les contacts et les journées seront trop courtes pour arpenter UB dans tous les sens avec sa circulation anarchique, ils vont de fabricants en fabricants à la recherche de celui qui pourra nous fournir le nombre de yourtes désirées avec la toile de finition imperméable pour l’Europe. La pluie est un vrai problème pour la yourte, en Mongolie les précipitations sont rares. Il faut en plus de cela trouver le fabricant qui pourra fournir les certificats de traitement peinture sans plomb, traitement du bois, traitement du feutre exigés par les douaniers Européens.

Des feutres bien secs,

L’acheminement par container pour l’Europe est au point, il sera envoyé à Valence, par contre il faut le remplir, mais chaque yourte achetée doit être montée pour vérifier qu’il n’y a pas de pièces manquantes. Affaire à suivre…

Qualité des bois, des feutres, type de toile étanche, respirante ... ne rien oublier

Petit saut à l’alliance française de Mongolie pour récupérer nos colis de CNED, il n’y a plus d’excuses les enfants vont vraiment pouvoir faire leur rentrée.

Mercredi 21 Septembre

Toujours à UB sous un magnifique soleil, les enfants ont repris à fond l’école, Serge ou Caro en alternance avec Pol avancent sur le run container. Ce n’est pas simple, il faut être acharné et les délais racourcissent , les visas expirent le 25 pour Pol et le 29 pour Teamboulot. Le run s’accélère tous les contacts sont activés et c’est la course: échanges de mail, le téléphone n’arrête pas, nous voici dans le UB business… A 15 h, la négociation est terminée, la commande est passée, il faut maintenant s’occuper de payer des millions de togrots en coupure de 20 000.

La commande est passée !

Jeudi 22 Septembre – Vendredi 23

Le fabricant de yourte est choisi, il ne reste plus qu’ a…tirer des millions de togrots avec nos CB pour payer en cash, il nous faudra user des services de Western Union pour avoir rapidement l’argent nécessaire. Pendant que Serge et Pol s’affairent et s’énervent aux guichets des banques et dans les embouteillages, nous en profitons avec les enfants pour reprendre l’école.

Nous nous perfectionnons dans l’apprentissage de montage de yourtes, Pol et Serge ont passé leur Master  » Es Yourte », il leur aura fallu une bonne semaine pour l’obtenir. Pol taille la route retour, départ de UB vendredi soir, son Visa expire et Matthieu l’attend à Irkoutsk.

Samedi 24 – Mardi 27 Septembre

Les journées sont bien remplies, il faut courir d’un bout à l’autre de la ville pour vérifier chaque yourte montée chez le fabricant, la démonter et la transporter de l’autre coté de la ville pour la charger dans le container qui est enfin mis à disposition. Quelle idée de fou, parfois nous pestons, heureusement nous savons que nous apprécierons plus tard…

Des étages de voitures dans un container !

Au milieu des containers, maintenant il faut tout ranger !

Tout le monde aide au chargement du container

Tout bien calé, bien rangé !

C'est fini, tout est dedans: 10 Yourtes !

Mercredi 28 Septembre, 28834 km, 1°C

Réveil sous la neige dans notre parking QG a UB, tout est blanc, il fait froid.

Il est grand temps de prendre la route, nous y avons passé 10 jours sans bouger le camion, nous n’avons plus d’eau, la caisse a précieux fuit à nouveau et les batteries sont à plat, nous n’avons pas pu nous laver après la journée infernale d’hier ou toute la famille a participé au chargement du container.Inutile de préciser qu’après la manipulation des feutres en laine sous la pluie, nous sentions le bouc!

Nous quittons UB et sa circulation infernale pour une route plein nord, la campagne est blanchie, le vent est froid, il fait -3°, nous sortons a nouveau les vêtements chauds.

Jusqu’à présent, nous imaginions la Mongolie avec ses paysages d’hiver, ça y est nous y sommes, le vent glacial forme des congères sur le bord des routes et la circulation est spectaculaire lors des passages montagneux. Les voitures avancent façon crabe, (ici pas de chasse neige), les passagers descendent et courent à coté, l’entraide est formidable, tout le monde pousse dans une bouillasse innommable, avec un sourire jusqu’aux oreilles…

Recherche d’une cabane à eau, pour faire le plein, pour pouvoir se doucher, cela devient compliqué avec les températures négatives, à la troisième cabane, nous réussirons pas de pression, le débit est lent, c’est long nous sommes frigorifiés, les mongols sont en tee-short et pied nu dans leur tong, le mongol n’a jamais froid!

Jeudi 29 Septembre, 29018 km, 5°C

Une grasse mat’ au nord de UB dans la campagne. Il ne fait pas très chaud, mais on a eu pire.

Cned le matin jusqu’à onze heures, heure à laquelle nous prenons la route pour aller la ville d’à coté, à soixante kilomètres où nous allons manger dans la cantine locale, le зооg. Après, plus de mouton, y en a marre ! Envoi de lettres pour la famille et les amis puis petit tour au marché de la ville, décevant vous diront Eugènie et Caroline. On lève le camp vers dix-neuf heures pour aller faire (Encore !) du Cned et dormir dans la campagne.

Cette route plein nord de Ulan Battar, nous éloigne déjà de la Mongolie profonde! C’est une route goudronnée, avec des panneaux d’indication de direction, d’entrée et de sortie de ville, du très rarement vu jusque là. C’est aussi une densité de villes et de villages beaucoup plus importante qu’ailleurs, concentration d’exploitations minières, route de liaison avec la grande soeur Russie du temps de l’URSS. Une circulation également plus dense, rien à voir avec le périphérique Parisien, mais beaucoup plus que les 5 véhicules par heure vus sur les pistes du centre du pays. Ce pays peut changer vite, espérons qu’il sache garder ce qui fait sa différence, sa liberté.

Vendredi 30 septembre, 29103km, 5°C, Adieu Mongolie !

Inoubliable chevauchée !

Aujourd’hui, nous quittons la Mongolie. Nous avons prolongé jusqu’au bout puisque c’est le dernier jour de validité de nos visas, cela fait 60 jours que nous sommes dans ce pays, avec cette population qui nous a charmée. Ce soir, nous avons un coup de vague à l’âme, nous aurions aimer rester plus longtemps. Mais voilà, les règles édictées par les hommes pour les hommes ne nous permettent pas de rester plus longtemps que 60 jours, à moins d’avoir un travail. Et c’est les larmes aux yeux que nous avons passé la frontière. Mongolie, Mongoles … A bientôt.

Traversée des 2 postes frontières en 3 heures, avec du personnel accueillant et prévenant, qui vous souhaite la bienvenue en Russie, ça nous change de notre première entrée par l’Ukraine! Un trait sur une carte fait par des hommes et tout change: plus une seule yourte, personne en dell, l’habit traditionnel; plus de Ovoo, ni de tissus bleus accrochés à des arbres, poteaux, et autres symboles sacrés, plus de troupeaux avec leur gardien à cheval et sa longue perche, plus de chameaux, nous en avons encore vu au nord de Darkhan. Mais aussi des panneaux d’indication clairs à chaque carrefour, …

Bivouac dans la steppe russe, les couleurs sont déjà jaunies, les forêts de bouleaux ont déjà perdues leurs feuilles, les gelées de ces derniers jours ont données les couleurs d’hiver, ici l’automne n’existe pas ou si peu.

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